Les menaces de pandémies ont de tout temps plané au-dessus de l’humanité, mais se sont accrues ces dernières décennies avec l’accroissement des flux de populations. Ceux-ci permettent à des virus de se propager exponentiellement en quelques heures à peine, et ce, dans le monde entier, via ces immenses plaques tournantes que sont nos aéroports internationaux. En 2020 déjà, la pandémie mondiale de coronavirus a démontré à quel point notre société contemporaine peut être ébranlée par une menace virologique – alors que le taux de létalité de ce virus était pourtant loin d’être aussi élevé que celui de précédentes pandémies ayant marqué l’histoire. Si Ebola a beaucoup fait parler en touchant gravement l’Afrique ces dernières années, avec près de 11 000 morts lors de l’épidémie de 2014-2016, d’autres pandémies ont été encore plus catastrophiques par le passé. Nous pensons à la peste noire qui, dans les années 1350, avait tué plus de la moitié de la population européenne et, évidemment, à la grippe espagnole de 1918-1919, qui causa la mort de plus de 60 millions de personnes. Aujourd’hui, l’inquiétude demeure face à des virus tels que la grippe aviaire, qui suscite toutes les craintes et met en lumière les faiblesses de notre système sur le plan sanitaire. Pour autant, il demeure possible de réduire les risques et de prévenir de tels épisodes. La biosécurité, la sensibilisation et l’éducation des populations, l’abandon de pratiques traditionnelles (comme la consommation et le commerce d’espèces sauvages), une remise en cause de l’élevage, la mise en place de systèmes de diagnostic et de surveillance sont autant de mesures concrètes et urgentes à mettre en place.